Publié le vendredi 22 avril 2011 à 11H00
Marie Klein, présidente de l'ADMR de l'Aisne, Michèle Parent, vice-présidente, et François Laly, responsable administratif et financier.
LAON (Aisne). Les temps sont durs pour les associations d'aide à domicile, obligées de se serrer la ceinture pour continuer leur mission au quotidien. Exemple avec l'ADMR.
IL y a quelques jours, « le collectif des 16 », qui regroupe divers organismes et association d'aide à domicile, réclamait un fonds d'urgence de 100 millions d'euros à l'État pour faire face à
une situation financière qu'il juge « désespérée ». Entre la suppression des exonérations de charges sociales et les conseils généraux qui n'arrivent plus à financer le fonctionnement de ces
structures, on parle de 20.000 suppressions d'emplois en France si rien n'est fait.
L'ADMR fait partie de ce collectif qui appelle à l'aide. Marie Klein, présidente de la structure axonaise, confirme l'existence de ces difficultés mais se veut rassurante pour le
département.
« Pour être honnête, on s'en sort plutôt bien, au prix de gros efforts. Nous arrivons à joindre les deux bouts mais il est vrai que cet équilibre est précaire. Au quotidien, ça va mais nous
n'avons pas de réserves en cas de coup dur », explique celle qui cultive donc un côté fourmi. « On regarde à tout, par exemple en rationalisant les déplacements. Nous avons mis en place des
tournées pour réduire le nombre de kilomètres mais quand vous n'avez qu'un seul client dans un tout petit village à l'écart, vous n'avez pas le choix, il faut y aller quand même ».
La ligne de conduite de l'ADMR est claire : pas question de rogner sur la qualité du service. Pour cela, il n'y a pas trente-six solutions, il faut se serrer la ceinture. Les études pour la
construction de nouveaux locaux étaient bien avancées : cela devra attendre.
Là où les dirigeants de l'ADMR sont plus gênés, c'est quand ils doivent dire non aux salariés qui demandent une revalorisation de leurs indemnités kilométriques compte tenu de l'augmentation du
prix de l'essence.
« C'est d'autant plus difficile à accepter que nous travaillons en milieu rural, d'où beaucoup de kilomètres parcourus », souligne la vice-présidente, Michèle Parent.
Le conseil général, un partenaire fidèle
La chance de l'ADMR de l'Aisne, c'est de pouvoir compter sur le conseil général, son principal financeur. En 2010, il a versé 4.853.000 euros sur les 8.038.000 que coûtent l'aide à domicile et
le service aux familles ; et 5.148.000 euros pour une enveloppe globale de 8.741.000 euros cette année.
« Le conseil général est un partenaire essentiel au bon fonctionnement de l'association. Si un jour, il baisse les crédits qui nous sont accordés, nous n'aurons d'autre choix que de refuser
certains dossiers mais aussi de revoir le nombre d'intervention à la baisse. Quelqu'un chez qui on allait trois fois par jour ne nous verra plus qu'une fois » redoute Marie Klein qui espère
toutefois ne pas en arriver là.
Lucie LEFEBVRE
llefebvre@journal-lunion.fr
L'ADMR en chiffres
Publié le vendredi 22 avril 2011 à 11H00
Dans l'Aisne, l'Aide à domicile en milieu rural regroupe 17 associations. Elles comptent 720 salariés, soit 400 équivalents temps plein, auxquels il faut ajouter un peu plus de 350
bénévoles.
Chaque jour, l'ADMR rend visite à 3.500 clients, 75 % d'entre eux bénéficiant du service d'aide à domicile pour les personnes âgées. Cela représente 500.000 heures d'intervention.
1.541.000 km ont été parcourus par les salariés de l'association, ce qui équivaut à environ 4.000 km tous les jours.
Chiffres 2010. Source : ADMR02
Charges salariales : la fin de l'exonération
Publié le vendredi 22 avril 2011 à 11H00
Depuis le 1er janvier, l'exonération des charges sociales sur les activités de services à la personne a été supprimée. « Cela ne concerne que les charges sur le personnel administratif, pas
le personnel d'intervention, mais c'est tout de même un coût important », fait savoir la présidente Marie Klein.
En clair, cela représente un surcoût de 23 cts de l'heure. Multiplié par 500.000 heures, on obtient la somme rondelette de 115.000 euros « qui doit bien être prise en charge, d'une manière
ou d'une autre ».
Les plus pénalisées dans l'histoire, selon les responsables de l'ADMR, ce sont les familles pour qui le prix de l'heure a augmenté d'un ou deux euros suivant les cas.
« On peut redouter que certaines familles, qui en ont pourtant un grand besoin, ne fassent plus appel à nos services ».
Si pour l'instant l'association ne ressent pas de baisse d'activité pour l'aide à domicile aux personnes âgées, elle est déjà significative pour l'aide aux familles fragilisées, par le
décès de l'un des parents par exemple. « C'est simple : nous avons deux salariées malades au sein du service familles, elles n'ont pas été remplacées car nous avons moins de demandes »,
explique Marie Klein.
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